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LES
ANCÊTRES DE LOUIS ADAM – arrière-grand-père de Hermine :
Adrien Adam et Anne Godfroi, résidents de St-Martin, s.-préf. de Coutances, département de la Manche
(Normandie). Leur fils Pierre émigre au Canada vers 1740.
Pierre Adam épouse le 13.01.1744 (ou 13.05 .1744) à Verchères, Véronique
Charron fille de Charles et Elis. Poupart. Leur fils
Pierre Adam épouse le 12.02.1776 à Varennes, M-Victoire Petit (Beauchemin)
fille de Paul et Marie Fontaine. Leur fils
Charles Adam épouse le 11.07.1803 à Belœil, M-Marguerite St-Michel. Leur fils
Joseph Adam épouse le 03.02.1835 à Belœil, Victoire Poitras. Leur fils
LOUIS ADAM épouse le 08.10.1866 à St-Pie de Bagot, AGLAÉ ROY.
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LES
ANCÊTRES D’AGLAÉ ROY – arrière-grand-mère de Hermine :
Nicolas Roy épouse en 1658 à Dieppe Rouen Normandie, Jeanne Lelièvre.
Leur fils
Guillaume Roy épouse en 1689 à St-Michel de la Durantaye, Angélique
Bazin. Leur fils
Michel Roy épouse le 04.05.1733 à Notre-Dame de Québec, Marguerite
Emond. Leur fils
Etienne Roy épouse le 02.02.1761 à St-Charles de Bellechasse, Marie-Anne
Dorion. Leur fils
Joseph Roy épouse le 09.02.1807 à St-Jean-Baptiste de Rouville, Marie
Vincelette. Leur fils
Joseph Roy épouse le 07.10.1828 à St-Hilaire, Obéline Messier. Leur
fils
AGLAÉ ROY épouse le 08.10.1866 à St-Pie, LOUIS ADAM.
Au sujet de sa grand-mère, Berthe sa petite-fille écrit : « Je
garde le souvenir d’une dame toujours très chic. Elle était attirée
par la grande ville. Dès que Ephrem, le plus jeune de ses fils fut en
mesure de cultiver la terre paternelle, elle alla vivre à Montréal chez
ses filles.»
AGLAÉ avait 80 ans en 1928 lors du décès de son fils Delphis, le père
de Berthe, qui est décédé d’un cancer de l’estomac à l’âge de
58 ans.
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Famille de LOUIS ADAM et AGLAÉ ROY
Leurs 9 enfants sont tous nés à St-Valérien de Milton.
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En avant: les parents, Louis Adam et Aglaé Roy et leur fille Marie. En arrière
de gauche à droite: Delvica, Delphis, Wilfrid, Hermina sur la petite photo,
Virginie, Emma, Ephrem et Paul.
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Delvica Adam né le 08.07.1868, épouse le 11-02-1890 à St-Hyacinthe, Régina
Allard. Remarié le 13.04.1909 à
St-Léonard d’Aston à Matildy Beaudoin.
Delphis Adam né le
08.10.1869, décédé le 12.03.1928, épouse le 30.01.1894 à St-Valérien, Hermina
Champigny (1873 –1960) fille de Marie-Louise et Jean-Baptiste
Deslandes-Champigny, (grands-parents d’Hermine).
Wilfrid Adam né le 04.03.1871, épouse le 17.04.1891 à St-Théodore d’Acton,
Marie-Rose Barron.
Emma Adam née le 15.07.1875, épouse le 22.11.1892 à St-Valérien, Alphonse
Dazé.
Hermina Adam née le 18.01.1877, épouse le 14.09.1897 à St-Valérien, Pierre Tétrault.
Virginie Adam née le 24.06.1878, épouse le 07.01.1896 à St-Valérien, Omer
Trudeau.
Paul Adam né le 04.03.1880, épouse le 09.07.1901 à St-Dominique, Eulalie
Houle.
Ephrem Adam né le 14.09.1881, épouse le 21-01-1902 à St-Valérien, Rose-Anna
Deslandes.
Marie Adam née le 02.04.1883, épouse le 12.01.1900 à St-Valérien, Edouard Désourdy.
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MAISON DE LOUIS ADAM ET D’AGLAÉ ROY - arrières-grands-parents d’Hermine.
La maison voisine en direction des Quatre chemins porte le numéro civique 1483
– voir le plan à la fin du chapitre.
Ephrem, le plus jeune garçon de la famille a hérité de la maison de ses
parents. La photo le montre avec sa femme Rose-Anna Deslandes et cinq de leurs
enfants: Adori, Rose-Hélène, Armand, Adrien et Omer. Le couple est aussi
parent de quatre autres enfants: Rolland, Thérèse, Marie-Jeanne et Jean-Paul.
Ce dernier a apporté ses souvenirs pour la rédaction des mémoires de Berthe.
Delphis, le fils aîné de
Louis et d’Aglaé a épousé Hermina Champigny et ils se sont établis dans le
rang voisin. Leur fille Berthe précise que les deux rangs étaient neufs. Et
elle ajoute : « Que de fois on nous demandait : Es-tu la fille
d’Ephrem (le plus jeune) ou de Delphis (l’aîné) tellement les familles des
deux frères étaient unies. »
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Delphis
Adam et Hermina Champigny. Photo prise alors qu’ils étaient allés travailler
dans le textile aux États-Unis.
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MAISON DE DELPHIS ADAM ET D’HERMINA
CHAMPIGNY - grands-parents de Hermine où elle allait passer des vacances.
Texte de leur fille Berthe :
Dans notre grande maison, il y avait cinq chambres à coucher. Et une salle à dîner
où maman recevait, avec beaucoup de cérémonies, M. le Curé lors de sa visite
de paroisse. Elle y recevait aussi les commissaires d’école dont mon père
faisait partie, et aussi mes grands-parents Champigny. Les enfants mangeaient à
la cuisine. En avant de la maison, des fleurs. Du côté gauche, un grand jardin
que mon frère Valérien préparait et dont maman faisait un vrai paradis.
Quelle chance nous avions de profiter de toutes sortes de bons légumes et de délicieux
fruits, surtout des fraises.
Du côté droit de la maison, un jeu de croquet et tout près une balançoire
entre deux gros saules ; l’endroit idéal pour les soirées d’été.
Nous aimions beaucoup aussi les balançoires avec un siège unique retenu par
des câbles ou des chaînes accrochés au haut de la porte du hangar. Quel
plaisir de s’envoyer en l’air ! Les jeux de balles, en plus d’être
amusants favorisaient l’exercice physique. L’hiver à l’intérieur, c’était
les jeux de cartes avec la lampe à l’huile sur le coin de la table, le jeu de
dames et le jeu de boutons ; Antoinette traçait ce dernier jeu à
l’envers du tapis de la table de cuisine.
Un jour mon père nous fit une belle surprise, il acheta un phonographe. Nous
n’étions pas musiciens mais nous aimions la musique. Nous avions aussi un
petit radio, on plaçait une aiguille sur un cristal et avec une paire d’écouteurs
on captait les nouvelles du poste CKAC. (Le poste est en opération depuis 1922 ;
ce fut le premier poste de radio français au Canada.)
Il y avait aussi les petits cadeaux du Jour de l’An. Je me souviens avoir reçu
un petit caneton qui au moyen d’une clé se promenait en battant des ailes.
Dans notre bas, qu’on n’oubliait pas de pendre, il y avait toujours une
orange et un sac de bonbons. Il n’était pas permis de voir ses cadeaux avant
la bénédiction paternelle. À genoux devant notre père, celui-ci faisait sur
nous un grand signe de croix et demandait pour nous que l’année soit bonne.
Puis on s’embrassait, la seule fois de l’année, je pense. Noël était une
fête religieuse. D’abord la messe de minuit ou M. Sévérin Regnaud, le père
de mon mari chantait le Minuit Chrétien, puis c’était le réveillon. Mes
parents étaient très croyants et très pieux.
La vie à la maison changeait au gré des différents départs. Ce fut d’abord
le mariage d’Adélard en 1920. Il avait déjà quitté la maison depuis
quelques années pour aller travailler chez un certain M. Cabana dont il achètera
la ferme après son mariage. Je ne l’ai pas beaucoup connu dans la famille.
Les Adam n’étaient pas parlant ; ma mère n’était pas une grande
parleuse mais une grande faiseuse. Roger (le plus jeune) parlait un peu
plus…avec un verre. Mon père et ma mère (Delphis et Hermina) lisaient
beaucoup, mon père lisait sa Presse et ma mère ses Annales. Mes parents
tenaient beaucoup à l’instruction. Dès le début ils suivaient de près l’étude
des enfants ; ma mère disait qu’Adélard (le plus vieux) était le plus
intelligent…
À l’époque des aînés, il y avait une certaine aisance à la maison. Si ma
mémoire est fidèle nous n’avions aucune redevance sur nos propriétés.
J’ouvre ici une parenthèse pour vous parler du deuxième de mes frères :
Raoul, ce gros monsieur en capot de chat, portant des habits fait sur mesure
chez le tailleur M. Cartier d’Upton, payé bien sur avec du bois de chauffage.
À son service, un beau petit cheval rouge : le ‘Ben’ qui en plus d’être
beau et rapide était attelé à une des plus belles voitures de la
paroisse. Valérien à son tour se servi du ‘Ben’ et Pierre-Paul en hérita
(avec la ferme paternelle).
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Blanche
a eu l’avantage de poursuivre ses études au pensionnat des sœurs de la
Présentation-de-Marie à Upton. Elle obtint un brevet Élémentaire après
une année d’étude.
Comme elle n’avait que 17 ans, mon père la trouvait trop jeune pour
travailler, il lui suggéra de continuer ses études.
Après une deuxième année d’étude elle obtint un brevet Modèle. Elle
était alors prête pour l’enseignement, mais mon père jugeait
qu’elle devait se reposer avant d’aller enseigner.
Elle enseigna quelques années dans le rang de l’Égypte avant de se
marier à Lucien Cordeau en 1927.
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Blanche
ayant terminé ses études en juin (1923), c’était au tour de Laure,
d’aller pensionnaire à Upton en septembre. Sa santé ne lui permettant pas de
continuer ses études, elle dût revenir définitivement à la maison à la fin
décembre de la même année.
Valérien à son tour voulut poursuivre ses études. Il gagna sa cause auprès
de mon père. Après maintes sollicitations, ce dernier alla le conduire à
Iberville chez les Frères Maristes, avec Albany Dupont (avec qui il faisait les
cent coups). Il y demeura tout le carême, mais l’ennui prenant le dessus, il
prit le train pour revenir. Quelle surprise de le voir arriver, à pied de
St-Liboire à travers champs.
En 1928 Adélard et Raoul sont déjà installés sur leur ferme. Adélard au 10e
rang de St-Valérien et Raoul au 3e rang d’Acton - l’aînée Liliane y est née
le 28-06-1928. Ils avaient reçu à leur départ chacun 1 000 dollars. De plus
mon père a dû hypothéquer ses propriétés (fournir des garanties ?).
C’était une condition d’achat. (Madeleine, la 2e enfant de Raoul est née
à Montréal le 20-06-1930. Jeannine, la 3e est née à Acton le 01-07-1931.)
L’année 1928 a été une année de grandes épreuves pour la famille. Mon père
décédait le 12 mars à l’âge de 58 ans des suites d’une longue maladie :
un cancer d’estomac. Quelle douleur de perdre un si bon père !
Ce fut aussi le début de la grande crise économique. En moins de trois
ans la plupart des gens étaient devenus pauvres. On disait que même des
avocats étaient sous le « secours direct ». En campagne, la vie était
moins dure qu’en ville, mais on ne faisait pas exception à la crise.
Valérien, Antoinette et Pierre-Paul ont pris à cœur leurs responsabilités;
ils ont travaillé à la sueur de leur front pour nous permettre de survivre à
cette terrible crise. Roger et moi faisions notre possible pour les aider.
Valérien et Pierre-Paul en plus de cultiver la terre et voir à l’érablière
au rang d’Égypte, s’engageaient avec la machinerie dont nous disposions déjà.
Ils partaient tantôt avec la presse à foin, tantôt avec la
moissonneuse-batteuse ou encore avec la scie ronde, selon les besoins de
l’entourage. Ils utilisaient quelques engins à gazoline que l’on étiquetait
comme suit : 2 forces, 4 forces ou 6 forces. Il y avait aussi pour le
travail de la terre une paire de chevaux de trait : Bayard et Charmante.
Antoinette, Roger et moi nous avions la job de traire les va…ches. Ma mère
supervisait tout son monde en vraie femme d’affaires.
J’ai beaucoup parlé de mon cher Papa, c’est maintenant le tour de ma chère
Maman dont les souvenirs fourmillent dans ma mémoire. Je me sens impuissante à
parler de son grand amour et de son dévouement sans limite pour ses enfants.
Sans être infirmière diplômée, elle avait le don de nous guérir d’une
grippe avec du citron chaud ou de l’herbe à dinde. Elle se réservait
toujours la préparation des trois repas. Elle s’ingéniait à faire
d’excellents repas sans qu’il en coûte trop cher; au menu, des conserves de
légumes et des fruits.
Son tricot était toujours à la portée de la main. Nous portions avec fierté :
gants, mitaines, foulards et autres… Ainsi l’hiver était moins dur pour
aller à l’école qui était située à trois-quarts de mille de chez-nous. Je
puis dire sans orgueil que nous étions bien habillés grâce à cet autre
talent, celui de couturière de ma mère. Ma mère filait et tissait la laine de
nos moutons. Le lin cultivé sur nos terres était brayé à Ulverton (au nord
de Richmond) pour être converti en des linges de vaisselle très absorbants et
très durables.
Durant l’été, elle trouvait le temps d’entretenir un grand jardin. Ma mère
travaillait beaucoup, mais elle ne faisait pas tout. Antoinette et moi nous nous
partagions le ménage de la maison et la préparation des légumes. Les hommes
cultivaient les patates nous on les épluchait…
Ma mère me disait quelques jours avant sa mort : « Je suis contente
de ma famille, tout le monde fait bien sa religion ». Pour ma mère, la
religion était le premier de ses soucis. Il ne fallait pas manquer la messe du
dimanche ; je revois mon père et ma mère suivre pieusement la messe dans
leur missel. C’était aussi la prière avant et après les repas, puis la
grande prière du soir à genoux, avec une longue litanie que ma sœur
Antoinette récitait par cœur, suivit du chapelet. Pour ceux qui voulaient
sortir, ils trouvaient la prière un peu longue. Valérien a toujours été un
gars de gang. C’était tout le rang qui se réunissait tous les soirs pour
blaguer, se tirailler et tirer de la jambette.
Un autre rite religieux de ma mère : au retour de la grande messe, après avoir
mis le dîner au feu, elle faisait monter les petits dans sa chambre pour réciter
la prière : « O bon et très doux Jésus » afin de mériter
des indulgences.
Ma chère Maman termina ses jours à l’Ouvroir chez les Sœurs Grises de
St-Hyacinthe. Elle vécut dans cette résidence durant quatre ou cinq ans.
C’est là qu’elle termina ses jours à l’âge de 87 ans. Qu’il doit être
beau le ciel d’une maman qui a donné naissance à treize enfants et qui n’a
vécu que pour leur bonheur ! Merci Maman.
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Après
la mort de mon père, j’ai eu l’impression que mon rêve d’enseigner
ne se réaliserait jamais. J’avais déjà quitté l’école du rang
depuis deux ans (Antoinette était déjà mariée ?) quand un beau
jour ma mère décida que je pourrais être pensionnaire à mon tour pour
obtenir un brevet d’enseignement.
J’ai enseigné 45 ans. D’abord au 11e rang de St-Valérien et c’était
très dur d’enseigner dans une école de rang. Aussi j’ai pris la décision
de me joindre aux religieuses de la Présentation-de-Marie. J’ai été
très heureuse chez elles. Je leur au donné 38 ans de ma vie.
Après m’être assurée qu’avec une bonne pension je pourrais prendre
ma liberté, j’ai quitté la communauté tout en continuant
d’enseigner à la même Polyvalente - J.H. Leclerc à Granby.
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Je suis revenue à St-Hyacinthe en 1978 et je me suis mariée à Noël Regnaud
en 1979. Nous avons vécu 18 ans de bonheur émaillés de voyages et de séjours
en Floride. Actuellement, en 2001, je vis à St-Hilaire. Mes passe-temps favoris
sont la lecture, l’écriture et les marches.
Pour réaliser ces pages souvenir, j’ai eu l’aide de mon frère Pierre-Paul
et de mon cousin Jean-Paul Adam (le plus jeune des enfants d’Ephrem). Je
remercie aussi Lise et Denise pour leur aide précieuse.
Ces pages ne sont qu’un simple brouillon. Avec ma vieille plume et mes vieux
mots je ne peux réaliser rien de parfait. Si mes recherches peuvent servir à
un travail plus élaboré j’en serai très heureuse.
Signé :
Berthe
(Il existe plusieurs copies du document de Berthe. Les enfants de Lucien Cordeau :
Françoise, Germain et Louise en possèdent chacun une copie.)
Mise à jour : 2008-04-07
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