7. Blanche Adam

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Blanche Adam (1903-1985) a épousé Lucien Cordeau (1944-1974) le 16 août 1927 à Saint-Valérien.

Blanche avait plus d’instruction que Lucien mais elle n’en a jamais fait état. Elle a exercé la profession d’institutrice durant plusieurs années avant de se marier. Elle avait alors 26 ans; Lucien avait 3 ans de moins qu’elle.

À cette époque, une fille coiffait la "Sainte Catherine" si elle n’était pas mariée à l’âge de 25 ans; c’était dire qu’elle joignait la confrérie des "vieilles filles" dont sainte Catherine était la patronne. On ne la considérait plus comme une fille à marier.

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Blanche a eu la chance de pouvoir poursuivre ses études; un privilège qui n’était pas à la portée de toutes, car au-delà de la 7e année l’enseignement n’était généralement dispensé que dans les communautés religieuses et il fallait y être pensionnaire.

 

Les filles n’avaient pas accès aux études universitaires conduisant aux professions d’avocat ou de médecin. Les seules carrières offertes aux femmes étaient celles d’enseignante - ou de mère de famille.

 

Beaucoup de jeunes filles « entraient chez les sœurs ». Elles s’engageaient ainsi par vœux à vivre dans une communauté religieuse.

 

Celles qui avaient fait des études étaient reçues comme religieuses enseignantes, les moins fortunées devenaient sœurs ménagères.

La "vieille fille" pouvait difficilement mener une vie indépendante. Elle continuait à vivre chez ses parents en se rendant utile de diverses façons. Elle allait aussi dans la famille de ses sœurs mariées, soit pour les "relever" d’un accouchement, soit pour combler d’autres besoins. À la mort de ses parents, la "vieille fille" devenait dépendante du fils qui avait hérité de la ferme familiale. L’entretien de la "vieille fille" faisait partie du contrat.

La famille de ma mère possédait une ferme à Saint-Valérien. J’y ai passé de nombreuses vacances. Grand-père Delphis n’était déjà plus : il est mort peu après ma naissance d’un cancer de l’estomac. Blanche l’avait beaucoup aimé d’après la façon dont elle en parlait.

Grand-mère Hermina était grande, mince et pondérée. Pierre-Paul, l’avant-dernier de ses fils l’aidait à la ferme; il en deviendra propriétaire. Le dimanche il attelait Ben, un cheval brun et fringant pour aller à la messe. Pour visiter tante Antoinette qui habitait les environs, grand-mère et moi nous choisissions plutôt Bayard, un vieux cheval noir et calme qu’elle me laissait conduire.

Antoinette, la sœur aînée de Blanche avait, elle aussi, mariée un Cordeau, un cousin de mon père prénommé René. Les deux fermes Cordeau étaient voisines : elles sont situées au nord du village de Saint-Valérien – voir le plan au chapitre 3.

 

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Blanche, Antoinette et Berthe sur la galerie de la ferme à St-Valérien.  

 


Laure entourée de ses sœurs, Blanche, Berthe et Antoinette.

 

J’ai peu connu tante Berthe, elle vivait déjà en communauté. Elle sera supérieure d’un couvent à Gaspé avant d’épouser Noël Regnaud, son danseur favori. Berthe a rédigé des souvenirs dont je me suis permis de citer de larges extraits dans le chapitre suivant.

Laure, la vieille fille de la famille Adam, a travaillé toute sa vie comme servante dans des maisons privées. C’est la seule de mes tantes que j’ai eu l’occasion de fréquenter un peu. Je tiens d’elle la manie de tout critiquer et de ne me permettre que le minimum de dépenses.

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De gauche à droite: Antoinette, Hélène Dupont et son mari Pierre-Paul, Roger, Yvonne Gaudreau et son mari Valérien, Berthe et son mari Noël Regnaud, Blanche. En avant Adrienne Cabana épouse de Roger et Laure. Les deux aînés, Adélard et Raoul ne sont pas sur la photo.

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La famille Adam dans l’ordre des naissances – voir chapitre 3 pour la liste de leurs enfants.

Adélard né le 11.06.1900. Son épouse, tante Corona, fut affligée de paralysie. C’était le plus intelligent de la famille dixit Berthe. Il s’est établi sur une ferme près de celle de ses parents. Ses descendants l’occupent encore - voir le plan au chapitre 3. Ils eurent 7 enfants.

Raoul né le 20.06.1901. Il accompagna mes parents lorsque ceux-ci vécurent à Montréal. Berthe raconte qu’il avait joui d’une jeunesse dorée. Père de 8 enfants.

Blanche née le 16.02.1902. Ma mère. Nous étions 7 enfants.

Laure née le 03.08.1904. Dépressive depuis sa 23e année.

Valérien né le 20.09.1906. D’après sa sœur il était un gars de gang qui faisait les cent coups dans son jeune temps. Il deviendra restaurateur. Père de 9 enfants.

Antoinette née le 30.10.1910. Mariée aussi un Cordeau. Ils eurent 10 enfants.

Pierre-Paul né le 07.06.1914. Il ne quittera la ferme familiale que pour prendre sa retraite. Père de 2 enfants.

Berthe née le 26.04.1915. Voir chapitre suivant pour l’aperçu qu’elle nous a laissé sur la vie campagnarde durant la dépression économique.

Roger né le 04.04.1918. Le petit dernier. Il était d’âge à se faire tuer à la guerre 1939-1945. On le connaîtra comme garagiste. Père de 2 enfants.

La ferme de Saint-Valérien possédait ce qui doit être l’ancêtre de nos appareils radio. C’était ce qu’on désignait comme un poste à galène il me semble : il ne s’agissait que d’une simple pierre fixée à une boite et d’une aiguille pour faire contact.

L’appareil n’avait pas de haut-parleur nous n’avions que des écouteurs. En fin d’après-midi nous recevions l’émission "les évènements sociaux”. En fait, on y donnait la liste des décès avec les coordonnés pour les funérailles.

Au salon, un gramophone m’attirait mais je ne me souviens que du disque de "la bastringue". J’y trouvais aussi un album de photos recouvert de velours rouge.

La famille de grand-mère était allée travailler dans le textile aux États-Unis. Le père en avait gardé le surnom de John. Il est né JEAN-BAPTISTE DESLANDES-CHAMPIGNY et il vivra dans le rang de l’Égypte à Saint-Valérien, un rang parallèle au 9e rang de Saint Dominique – voir le plan à la fin du chapitre 3.

Tante Berthe m’a dit récemment que je ressemblais à sa grand-mère Marie-Louise Champigny. Je ne me souviens malheureusement pas d’elle, bien que je l’aie connue. Le couple habitait alors le village de St-Valérien, presque en face de l’église : nous laissions le cheval chez eux pendant la messe du dimanche. Je n’ai gardé le souvenir que d’une maison bien meublée. Je serais curieuse d’en savoir plus sur la lignée des Champigny.

Lorsque je séjournais à la ferme de ma grand-mère, j’aimais éprouver ma débrouillardise en marchand jusqu’à l’autre terre que grand-mère possédait : celle du tournant de la route vers la rivière Noire. Si je me dirigeais dans l’autre direction, je marchais jusqu’aux quatre chemins, ce qui représentait une distance d’un mille. C’est encore pour moi la distance idéale de mes promenades.

Je passais alors devant la maison où vécurent les parents de Delphis - une photo de cette maison apparaît au chapitre suivant. 

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Je revois Hermina tuer sa poule. Elle lui tenait la tête d’une main et lui assénait un solide coup de hache au cou de l’autre main. Elle la vidait puis l’ébouillantait pour la plumer.

 

Lorsqu’elle prendra sa retraite au village de Saint-Dominique elle achètera un poêle émaillé, ce qui était pour moi une nouveauté. Je ne connaissais que ceux en fonte noire qui étaient difficile d’entretien.

 

Grand-mère fera encan avant d’aller finir ses jours à l’ouvroir Sainte-Geneviève de St-Hyacinthe.

Ses beaux meubles massifs ont été dispersés.

 

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Famille d’Amable PARÉ et de Évelina-Albina DESLANDES-CHAMPIGNY à St-Valérien

 

 

De gauche à droite - debout :

Doris Paré, Yvonne, Blanche, Marie-Anne, Ernest, inconnu, inconnu, inconnu ;

De gauche à droite - assis :

Richard, Amable, Évelina, inconnu

 

Photo de famille du couple d’Amable et d’Évelina avec leurs 9 enfants à St-Valérien vers 1940.  

 

De gauche à droite - debout :

Camille, Blanche, Béatrice, Marie-Anne, Yvonne et Doris

De gauche à droite - assis :

Ernest, Amable, Richard, Évelina et Henri

 

Photo d’Évelina Champigny

 

 

Photo de la maison familiale de St-Valérien

 

Mise à jour : 2008-04-07