13. Années MLF et Photos

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Le 24 décembre1968 nous avons emménagé au 6121 de l’Authion à Ville d’Anjou. J’avais plus de loisirs n’ayant plus à m’occuper de la maison de chambres et les enfants devenant aussi plus autonomes, j’ai donc consacré quelques années au MLF (Mouvement de Libération des Femmes). Il avait pris naissance aux États-Unis au début des années 1960 et j’espérais bien le voir franchir nos frontières. J’avais écrit en ce sens à la revue l’Actualité et Fernande Saint-Germain la directrice d’alors m’avait téléphoné pour m’apprendre que des femmes se réuniraient dans les bureaux du syndicat de la CSN. J’ai aussitôt participé.

Il était nécessaire que les femmes soient entendues en tant que groupe pour contrebalancer l’idéologie qui prévalait partout. Il fallait d’abord affirmer que ce n’est ni à l’Église ni au Gouvernement, deux institutions mâles, de décider du sort des femmes. Un bon début serait de faire lever les lois interdisant l’avortement.
Bien que pour ma part je n’ai jamais envisagé d’y avoir recours je n’acceptais pas qu’une loi l’interdise.

Je me suis d’abord jointe à un groupe anglophone de l’Université McGill qui avait mis sur pied, rue Sainte-Famille, un centre de référence pour les femmes qui désiraient avorter. J’ai assisté à un avortement en accompagnant une jeune femme très sympathique à la clinique du docteur Henry Morgentaler, rue Beaugrand. L’opération coûtait 300 $ pour celles qui pouvaient payer. Le docteur ne faisait pas enquête mais il devait défrayer des honoraires d’avocats pour se défendre de poursuites judiciaires. Il sera tout de même emprisonné.

 

Alors que le docteur était en prison j’ai à deux reprises accompagné à New York des femmes qui désiraient avorter.

Lors de la crise d’octobre 1970 nous étions inquiètes d’être arrêtées, d’autant plus que des femmes ayant des liens avec les terroristes du FLQ s’étaient jointes à nous.


Morgentaler nous a ensuite financés un local rue Saint-Denis pour y établir un Centre des Femmes francophone. Nous étions situées au 4319 St-Denis, au rez-de-chaussée de ce qui est aujourd'hui Allo-Stop. Le Centre a publié le journal "Québécoises deboute!" pour prendre contact avec le plus grand nombre de femmes possible dans un but de conscientisation collective.

La commercialisation de la pilule contraceptive remonte aux années 1960. Ce fut un tournant dans l’histoire de l’humanité dont on n’a pas encore ressenti tout l’impact. En plus d’harmoniser les rapports entre les sexes elle permet aux femmes de s’impliquer dans les différents domaines de la vie publique.

Je m’occupais de la documentation au Centre des Femmes ce qui m’a permis de réunir plusieurs données. J’ai établi à partir de mes fiches une Chronologie générale sur la femme au Québec. Elle a été déposée à la Bibliothèque Nationale et une librairie située à Tracy en a commandé une copie au Centre des Femmes.

 


Le 10 juillet l974 mon père décédait à l’âge de 69 ans d’un cancer du pancréas. Il avait passé un mauvais hiver ; il dépérissait. L’été venu il a du se résigner à abandonner son travail. Marcel et Robert l’ont veillé à l’hôpital de Saint-Hyacinthe pour son avant-dernière nuit. Françoise et Fernande étaient présentes lors de son décès. À ma dernière visite il respirait difficilement et le masque à l’oxygène ne lui était pas de grand secours : la poussière de pierre accumulée dans ses poumons durant des années alors qu’il travaillait à la carrière avait fait son œuvre.

Blanche finira ses jours à la Villa des Frênes à Saint-Hyacinthe. Elle décédera à l’hôpital le 8 octobre 1985. Je la gardais ce jour-là. Elle paraissait inconsciente mais elle attendait vraisemblablement son fils Germain qui devait venir après son travail : elle est décédée peu après son arrivée. Une infirmière nous avait demandé de quitter la chambre un moment, elle était à la retourner pour lui donner des soins lorsqu’elle a expiré. Germain et sa femme Madeleine Vertefeuille avaient été ses visiteurs les plus assidus, particulièrement durant ses dernières années.

La sœur de Jacques Lanctôt, le libraire ex-felquiste, travaillait au Centre des femmes. Leur père Gérard Lanctôt s’était été impliqué dans un mouvement d’extrême droite durant la guerre de 1940-5 : i
l était parmi les têtes dirigeantes du groupe des chemises brunes fascistes d’Adrien Arcand. L’association était assez importante pour pouvoir publier un journal qui a tiré à 85 000 exemplaires. Adrien Arcand était le père du copain de Marcel et c’est par lui que Marcel et moi avons assisté à un grand souper bénéfice du groupe.

Au début de l’été 1974, ladite sœur Lanctôt dont j’ai oublié le prénom, m’a fait savoir que l’Université du Québec était à la recherche d’une secrétaire de façon temporaire. Je n'avais pas l'intention d'entrer sur le marché du travail mais j’ai pris l’emploi.

 

Je travaillais rue Sherbrooke en face de l’ancienne Bibliothèque centrale et le midi je me promenais dans le parc Lafontaine. Je n’y ai pas fait long feu. Le patron m’a congédiée car je ne reproduisais pas textuellement ses lettres : je ne pouvais m’empêcher d’améliorer son style.

 

Un groupe subventionné (Projet d’Éducation Communautaire) m’a ensuite offert un emploi de 9 mois, de septembre 1974 à juin 1975 comme réceptionniste. Je ne me souviens pas comment l’offre m’est venue. Jusqu’alors je n’avais travaillé au Centre des femmes qu’à temps partiel et bénévolement - ou presque. Et soudain s’offrait à moi la possibilité de vivre de façon autonome : je n’y ai pas résisté. Je me suis loué un modeste logis rue Adam près de mon travail.

Mon départ du foyer a provoqué plus de désagréments que j’avais anticipé : j’aurais sans doute pu assumer mes responsabilités familiales encore quelques années.

J’avais 45 ans. Luc en avait 14, Guy 16, Pierre 18, Marc-André 19, Danielle 20, Robert 22, et Nicole 23 ans - elle avait elle-même quitté la maison depuis 4 ans et était mère de deux enfants : Michel né le 31 août 1971 et Donna née le 29 août 1974.

Je ne me souviens pas que Marcel ait tenté de me retenir : ce n’est pas son genre. Il restait présent en s’arrêtant quelques instants, rue Adam, avant de rentrer chez-lui et je l’accompagnais à Anjou pour les fins de semaine. J’ai suivi des cours du soir en mécanique automobile et je me suis acheté une petite Datsun usagée. Mon fils Pierre m’a patiemment aidé pour l’obtention de mon permis de conduire.

Robert s’est marié à Nicole Blondeau le 9 août 1975. Mon contrat de 9 semaines venait de se terminer, je retirais des prestations de chômage et j’habitais presque à plein temps à Anjou. Je m’y sentais plus à l’aise qu’auparavant, mes arrières financiers étant assurés.

Danielle m’accompagnait pour des promenades en Datsun avec bébé Donna qui était très sage. Elle occupera le logis de la rue Adam lorsque je serai en Floride.

Photos de cabane à sucre organisée par Luc en 1999. 

            

 

Dans l’ordre : Hermine, Nicole, Marc-André, Danielle, Marcel, Pierre, Luc, Guy 

 

À gauche Nicole, Jacques et Donna. En arrière Marc-André, Michel, Marcel, Pierre, Luc, Guy, Mathieu, Mylène. En avant Hermine, Lise, Danielle et Andréanne, Cécile, Diane, Marie-Eve, Sylvie, copine de Mathieu.  

 

Nicole avec Jacques, Michel et Donna 

Robert

Karen   

Maude et Nicole

   Copine

 

 

                      Danielle et Catherine avec Ginger

 

                              

            Marc-André                                                     Marie-France et Mathieu

 

 

                             Pierre, Luc, Mario et l’orignal                               Mylène

 


                            Guy                                                                               Maire-Ève et Andréanne


Mise à jour : 2007-04-07.