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En décembre 1975 j'ai rejoins ma mère et sa sœur Berthe
en Floride. Pour me permettre d’y passer l’hiver j’y ai trouvé un emploi
de servante chez des gens riches qui habitaient au 3500 North, 34e
rue à Emerald Hills - voir le plan plus bas.
Dans le centre du plan se trouve Young Circle où
Berthe et Blanche faisaient leur épicerie. Elles habitaient tout près à
mi-chemin vers la plage de Hollywood qui est en bas du plan. Vers le sud le Dog
track où Berthe allait gager. Et encore plus au sud le Gulf
Stream Race Track.
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Mes patrons possédaient un assortiment de bicyclettes et comme les rues du
quartier étaient peu passantes j’ai pu enfin apprendre à monter à
bicyclette !
Beaucoup de gens allaient à Freeport (Bahamas) jouer au
casino avec un vol aller-retour dans la même journée à partir de l’aéroport
de Fort Lauderdale - à droite sur le plan. J’y suis allée. L’avion était
petit et le temps de vol si court que nous ne recevions qu’une boîte à lunch
comme collation. Freeport m’a déçue : c’est plat et pauvre. Aussi lorsque
je gagnerai plus tard un voyage avion-condo pour cette destination je le
donnerai à Nicole. Elle aime la plage plus que moi et ça lui a fait une
vacance.
Marcel m’écrivait presque tous les jours, histoire surtout de garder le
contact. Il est descendu en Floride pour ses vacances annuelles fin juin 1976.
Il logeait dans une grande propriété appartenant à Guy Roy, un client du
bureau.
Je pouvais quitter mon travail après le souper. Marcel
venait me prendre en Buick de l’année et il me reconduisait le lendemain
avant-midi. Il occupait ses journées à visiter les lieux, ce que j’avais déjà
fait avec Blanche et Berthe, mais nous avons tout de même profité d’un de
mes jours de congés pour descendre à Key West. Marcel me laissait conduire la
Buick : je trouvais les ponts étroits et ils sont nombreux dans ce
secteur. Nous avons Marcel et moi profité de la semaine ensemble sans réévaluer
nos rapports.
Mon travail était peu exigeant. Je n’avais que quelques heures d’entretien
ménager à faire. Les lits étaient changés tous les jours. Je faisais une
brassée de lessive et je rangeais les chambres et la cuisine. Les deux enfants
déjeunaient seuls et partaient pour l’école. Le père, éditeur de son métier,
en faisait autant. La mère se levait la dernière. Elle partait déjeuner au
Club de tennis et elle ne revenait que pour préparer le souper. Pendant ce
temps je profitais de la piscine et
du piano à queue. À l’aide des cahiers d’exercice des enfants je pouvais
avec beaucoup de peine déchiffrer quelques airs.
J’avais prévu partir pour San Antonio (Texas) après le départ de Marcel, ce
que j'ai fait. C’est une des plus belles villes américaines avec sa rivière
bordée d’une promenade et de terrasses de café - voir chapitre 23
J’y ai travaillé une partie de l’été comme servante chez une femme âgée
qui était très fière de ses fleurs. La chaleur était intenable. C’est
peut-être la raison pour laquelle ses grands garçons croquaient dans des
piments jalapenos : ça doit aider à transpirer.
J’ai poursuivi vers l’ouest en faisant d’abord un détour pour visiter
Mexico City, Acapulco et Zihuatanejo, un endroit assez touristique où j’ai
mangé des huîtres fraîches sur la plage. J'y reviendrai avec Danielle et
Catherine plus tard – voir chapitre 18.
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Ce fut ensuite San Diego, une autre ville spectaculaire :
falaises colorées et magnifiques palmiers royaux.
J’ai travaillé trois mois chez monsieur Freeman, un
vieux retraité aussi avare que riche.
Comme il habitait près de la plage je me baignais
chaque jour dans le Pacifique malgré l’eau froide et les fortes vagues
- c’est le paradis des surfeurs.
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Le vieux a acheté une automobile pour que je le conduise dans les environs. Il
aurait aimé aller à Los Angeles ou à San Francisco mais il semblait
s’attendre à ce que je paye ma part des dépenses. Il n’en était pas
question.
J’ai terminé l’hiver à Vancouver où j’ai obtenu
un emploi temporaire dans un "pool de typists" à Revenu-Canada.
Aucune faute de frappe n’était acceptée, aucun correcteur ne pouvait être
utilisé. Nous devions reprendre la dactylographie des lettres aux clients
jusqu’à ce que nous réussissions un produit parfait : c’était stressant.
Le bureau exigeait la qualité mais pas la productivité. Les traitements de
texte ont éliminé cette catégorie d’emplois : je m’émerveille
aujourd’hui de pouvoir corriger mes erreurs aussi facilement.
Je suis allée me baigner à la piscine Harrison Hot
Springs ; l’eau minérale vient d’une source chaude et elle est refroidie
pour la baignade.
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Il a peu neigé cet hiver-là à Vancouver
(illustration); les stations de ski étaient au désespoir. Pour moi,
l’air doux m’était plus agréable que les petites pluies ne
m’incommodaient : je n’ai pas souffert de lombalgie de l’hiver.
Vancouver est une ville où il fait bon vivre, le centre-ville est moderne
et assez petit pour y circuler à pied : d’un côté la plage, de
l’autre le magnifique parc Stanley dont j’ai souvent fait le tour.
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J’aurais dû me rendre à Whistler, une distance de 120
km par un des meilleurs scenic railway au Canada dit-on. Ils ont un dénivelé
de 1610 m, soit le plus important en Amérique du Nord. Aux États-unis, Jackson
Hole (Wyoming) a 1261 m de dénivelé, les Alpes en ont en général 2000.
Si j’avais trouvé un bon emploi à Vancouver je m’y serais attardée plus
longtemps : tel n’a pas été le cas. J’y ai fait plusieurs rencontres intéressantes
mais je suis rentrée à Montréal pour Pâques 1977. Digne fille de ma mère je
comptais ouvrir un dépanneur. Marcel m’a suggéré d’étudier plutôt en
immobilier. C’était une meilleure idée.
Mon premier emploi en tant qu’agent immobilier fut à la Fiducie Desjardins de
Longueuil. J’aimais le secteur du bord de l’eau et je pensais que je
pourrais éventuellement m’y installer. La vente d’une douzaine de petites
propriétés ne m’ayant rapportée que 3 000 $, je me suis dirigée vers la
succursale de Jean-Talon et Décarie qui se spécialisait dans
l’investissement et où les commissions étaient plus substantielles : la
vente d’un 40 logements et de deux 20 logements m’ont rapporté 20 000 $.
Les transactions immobilières étaient plus lucratives
mais elles étaient par contre moins nombreuses. Plutôt que de n’agir qu’en
intermédiaire dans les ventes j’ai commencé à considérer que je pourrais
plutôt spéculer en achetant moi-même un immeuble. Et c’était surtout une
façon de posséder une valeur à mon nom.
Je ne disposais en tout que d’une trentaine de milliers de dollars incluant un
don d’environ 7 000 $ de ma mère. J'avais besoin de 20 000 $ de plus pour
acheter assez gros - disons un 20 logements. J’ai demandé à Marcel qu’il dégage
cette somme en augmentant l’hypothèque sur le duplex. Comme sa valeur avait
considérablement augmenté depuis notre achat 10 ans plus tôt, sa plus-value
pourrait être mise à profit.
L’idée ne plaisait pas à Marcel. Les
discussions furent longues et pénibles. J’ai même demandé à Marc-André
d’appuyer mon projet auprès de son père. Marcel s’est finalement engagé
le 26 mars 1978, date de notre 27e anniversaire de mariage, à ce que
je puisse disposer de 20 000 $. Je ne trouverai à acheter un immeuble qui me
convienne que six mois plus tard, soit le 13 septembre 1979.
Entre temps j’ai pris des vacances en Europe avec Danielle - voir chapitre
suivant. Elle venait de terminer son cours de droit et il lui restait de quoi
s’offrir un petit plaisir. Elle avait 24 ans ; Marc-André en avait 23 et il
travaillait depuis 2 ans; Pierre en avait presque 22 et il travaillait depuis 1
an.
Les enfants ont tous eus de petits emplois depuis leur
tout jeune âge. Aussitôt qu’ils gagnaient quelques sous je leur demandais de
payer une partie de leurs vêtements. Ils se sont même acquittés de leurs
frais dentaires ce qui représentait des sommes importantes par rapport à leurs
gains.
À partir de l’âge de 16 ans les garçons ont eu des
emplois bien rémunérés - dans les services ménagers Roy entre autres. Et dès
l’âge de 18 ans ils ont pu se payer des autos. Marc-André s’est même
offert une vacance en Jamaïque avec une copine alors qu’il n’avait pas 20
ans.
Les enfants ne tiennent pas de moi leur motivation au
travail. Je valorise plutôt de se garder le maximum de temps pour des projets
personnels en réduisant au besoin la consommation de biens.
Marc-André a épousé Cécile Corriveau à Joliette le 27 décembre 1979. Je me
suis présentée à l’église avec mes grosses bottes d’hiver. M’acheter
de beaux vêtements me paraît encore aujourd’hui être du superflu. Les
seules dépenses que j’aime faire sont celles qui satisfont ma curiosité -
comme de voyager ou de découvrir un agréable restaurant. Il y a surtout que je
ne veux pas me conformer : j’aime tout remettre en question et n’agir qu’à
ma guise.
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Photos de passeport ayant servis pour les voyages des
chapitres suivants.
Mise à jour : 2008-04-07. |