15 - Europe avec Danielle

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Du 6 au 26 mai 1978 Danielle et moi faisons notre premier voyage outre-mer.

Débarquées à Londres nous prenons aussitôt le traversier à Douvres pour la France.  

Nous couchons à Calais dans une communauté religieuse qui recevait des hôtes. Nous déjeunons au réfectoire d’un grand bol de café avec pain et confitures - à la française.  

Au centre-ville on peut voir une reproduction de la sculpture les Bourgeois de Calais de Rodin - une horreur quant à moi. Les bourgeois se seraient sacrifiés pour sauver leur ville.

 

Notre eurailpass n’était apparemment pas immédiatement utilisable car nous avons fait "du pouce" jusqu'à Paris. Les Parisiens nous ont déçues : l’hôtelier nous a insultées et il m’a volée en plus sur l’échange de nos dollars américains en francs pour payer la chambre.

De Montmartre je ne me souviens que d’une crêpe bretonne cuite à l’extérieure sous les marronniers et d'un souper au café du Moulin-Rouge. À
Saint-Germain-des-Prés, tout en bas du plan, nous avons jeté un coup d’œil au Café de Flore qui a connu la période existentialiste de Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre.  

PLAN DE PARIS

 

Train de nuit vers l'Italie. Au matin nous avons pu apercevoir quelques sommets suisses avant d'être avalées par la dizaine de milles du tunnel du Gothard.

Après avoir longé la côte Adriatique jusqu’à Brindisi nous avons pris un bateau confortable avec couchette pour la Grèce. Beaucoup de gens sont descendus à Corfou : il paraît que c’est une île à visiter.

Dans le train qui filait vers Athènes des passagers grecs nous ont invitées à partager leur repas. C’était vraiment gentil de leur part mais comme des petites brochettes étaient vendues dans le train nous avons remercié. Les Grecs sont parmi le peuple le plus chaleureux que j’ai connu.

Lors d’un voyage subséquent (chapitre19) un monsieur qui grignotait un petit pain à l’arrêt de l’autobus voudra m’en donner un morceau ; plus tard une vieille femme à qui je demandais ma route m’a pris par le bras pour m’y conduire en disant (en français ?) ¨deux grand’mères ensemble !¨  

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ATHÈNES - Visite de l’Acropole. Des colonnes…

 

Même si je voyage à la recherche du passé mon intérêt se portera plutôt sur la façon de vivre des gens. Nous descendons ensuite au Plaka, la vieille ville.

 

De vieux messieurs tripotent leur romboli (petit chapelet de grains d’ambre) sur le pas de leur porte. Nous y avons aussi reçu une invitation pour une soirée mais nous n’y sommes pas allées.

Pendant la traversée de retour vers l'Italie j’ai fait une indigestion. Le restaurant nous avait servi des pâtisseries dont la crème n'était peut-être pas fraîche. Danielle tenait mes prothèses dentaires en se retenant pour ne pas vomir elle-même.

Nous remontons l’Italie par la côte est.

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NAPLES - Son merveilleux golfe avec le Vésuve et l’île de Capri au large. En avant-plan le quartier Santa Lucia qui a été popularisé par les chaleureux ténors italiens.

SALERNE vers Amalfi - La tour sarrasine en haut à gauche sur l'illustration de droite date du passage des musulmans en Italie. Cathédrale moyenâgeuse.

ROME - Une tournée pédestre rapide.  

La basilique Saint-Pierre n’apparaît pas dans l’illustration. Elle est à l’ouest de la place Navona : nous l’avons aperçu de l’extrémité du pont qui y mène.

 

Le Panthéon et la Fontaine de Trévi ne sont pas d'accès facile à moins d’arriver par les grandes voies. Nous les avons cherchés.

 

Au nord la Place d’Espagne que je visiterai à une autre occasion. Au centre du plan la Place de Venise et l’immense Quirinal. De là les Forums mènent au Colisée.

Les seules antiquités que j’apprécierai seront les temples de la Thaïlande et ceux du Japon que je verrai plus tard - voir autres chapitres.

Je visiterai Rome plus en détail en 1985 - voir chapitre 21.

 

VENISE 

 

Une gondole publique nous mène au Lido pour la plage et le casino.

 Nous prenons un café Place Saint-Marc - à gauche sur l’illustration. À droite le Palais des Doges borde le canal. Au fond la basilique Saint-Marc.


À l’est de la place Saint-Marc vpor l’hôtel Danieli, un ancien palais qui a accueilli les amours de George Sands et d’Alfred de Musset. Autre hôtel fameux, le Cipriani où Fitzgerald a écrit Tender is the night : resto sur pilotis.

Je me souviens surtout de grosses fraises dégustées au bord d’un canal. Cette courte visite à Venise sera la seule que j’y ferai. Je voulais conserver intact le bon souvenir que j'en avais gardé. 

FLORENCE - la ville des Médicis 

J'aurai l'occasion d'y retourner à deux reprises sans réussir à m'y plaire. Je n’aime pas la couleur verdâtre du marbre qui est utilisé dans leurs monuments.

Somerset Maugham y situe son roman Up at the villa. Des aristocrates anglais y promènent une existence oisive. J’ai adoré le roman.

 

MILAN - Nous nous y sommes mal orientées et nous avons pris le tramway dans la direction contraire. Faut dire qu'il n'est pas facile de se diriger dans la ville.

 

 

De la gare centrale (en haut sur le plan) le tramway no 1 descend à la Cathédrale (le Duomo) au sud du plan. De là une magnifique galerie commerciale couverte débouche sur la place de la Scala (l’Opéra), œuvre de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, la mère de Marie-Antoinette, celle qui sera décapitée lors de la révolution française.

Vers l'ouest le couvent Santa Maria de Grazie peut se glorifier de posséder la Cène de Léonard de Vinci. Il l’a peinte sur le mur du réfectoire de la communauté. La fresque a été beaucoup retouchée au point qu’il sera facile à l’auteur du Code da Vinci d’imaginer la présence de Marie-Madeleine à la table du Christ.

Dans le même secteur le château des Sforza est très dégagé on ne peut le manquer. Léonard de Vinci était à l’emploi du duc comme ingénieur militaire.

Danielle, qui est plus sensible au luxe que je le suis, m’a fait remarquer la qualité des vêtements que les gens portaient dans la rue. Ici encore les personnes retiennent plus notre attention que ne le font les monuments.

COTE D'AZUR – LA RIVIERA  

NICE - La Promenade des anglais (illustrée) longe la Méditerranée. Salade niçoise au menu. 

La plage est rocheuse ; celle de Cannes est plus agréable.

À Saint-Tropez où nous passons la nuit, nous verrons des Français déjeuner de vin rouge au bar du coin le lendemain matin.

 

Nous couchons le lendemain à Vintimille, à l'est de Menton.

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L’ESPAGNE par Narbonne et Port Bou.

BARCELONE - Promenade sur la plage. Elle est malheureusement séparée de la ville par une voie ferrée. Danielle qui ne fait pas trop confiance aux restos achète du beurre d'arachide et des madeleines.

Train vers Madrid. On y lit près des fenêtres une inscription que nous nous amusons à répéter "es pericolosa sporgerse" (il est dangereux de se pencher par la fenêtre). Danielle qui ne sait pas un mot d’espagnol échangera un bon moment avec un employé en gesticulant : ils semblaient se comprendre. Cette personne nous aidera plus tard à effectuer un changement de gare.

MADRID - Visite de la vieille ville. Ici encore il est difficile de trouver son chemin. Le plan que l’on voit plus bas donne une idée de l'enchevêtrement des vieilles rues.

 

 

De la Puerto del Sol à droite du plan on gagne la Plaza Mayor au centre et le Palais Royal et ses jardins à l'extrémité gauche. L’édifice a été depuis converti en musée, il est illustré sur la photo de droite. La place est remarquable et très vaste ; elle est ornée de nombreux monuments dont la statue de Don Quichotte de la Manche (l’ingénieux hidalgo) et celle de son auteur Cervantès.

Entre la Plaza Mayor et le Palais Royal on voit au centre du plan les petites rues de la vieille ville musulmane. Pour la visite de la partie moderne de Madrid voir le chapitre 19, alors que j'y passerai plus de temps.

MALAGA - Le trajet en train vers le sud s’est fait sous la pluie et pour tenter de rasséréner Danielle je lui chantais "Il ne mouillera plus pantoute pantoute". Les trottoirs de Malaga sont richement dallés noir et blanc et les étals de fruits de mer débordent de crevettes de toutes les grosseurs - jusqu’aux langoustines.

MARBELLA - Un coin que je n’ai jamais eu l’occasion de visiter et je le regrette. Le vieux roi Fahd d’Arabie y séjourne à l’occasion. Mon fils Pierre me disait, document à l’appui, que sa suite renouvelle son service de vaisselle à tous les jours, ce qui représente un budget hebdomadaire de 100 000 euros. Même chose pour les vêtements des gardiennes d’enfants : autre pays, autres mœurs. La coutume viendrait-elle de ce que l’eau était hors prix dans leur désert natal ? Le document ajoute que le roi a donné 6 millions d'euros à la ville de Marbella pour la construction de logement sociaux en 1987. Une forteresse musulmane du 14e siècle dominait déjà la ville.

TORRE MOLINOS - Centre touristique aux pieds des montagnes. Nous y faisons une courte visite, aller-retour.
 
ALGESIRAS - Sous la pluie. Notre logement donne sur une cour intérieure. Dépaysement.

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MAROC - Des gens pauvres sont bloqués aux douanes. Nous voyons aussi deux petites caravanes de chameaux - animal étrange, leur air dédaigneux en impose. Je ferai plus tard tout le Nord africain sans jamais en rencontrer d’autres si ce n’est pour transporter des touristes aux abords des pyramides égyptiennes.

TANGER - Il nous avait paru plus facile et plus rapide de nous joindre à un groupe. Un thé faisait partie du forfait ; il nous a été servi dans un petit salon et versé de haut comme il se doit. La visite du souk était nécessairement incluse. Les Nord-africains sont souvent bien insistants, ils sont passés maître dans l’art de négocier. En fait, ces gens apprécient le contact humain encore plus que le bénéfice qu’ils peuvent tirer de leur habilité.

Nous remontons l’Espagne jusqu’à Burgos. À la frontière nous nous attablons pour un chocolat chaud dans un café étudiant. Après avoir retraversé la France nous retrouvons Calais puis la gare Victoria de Londres d’où partent les trains pour l’aéroport.

Retour à Montréal après trois semaines de promenades exploratoires. Notre eurailpass a vraiment été utilisée au maximum.

Mise à jour : 2007-04-07