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Du 1 février au 4 avril 1984 (9 semaines).
Départ avec un vol polonais sur Bangkok, aller seulement avec un arrêt obligé
de deux jours à Varsovie. J’ai payé 750 $ comptant à Alex, mon agent de
voyage, et nous sommes allés ensemble chercher le billet d’avion au bureau de
la compagnie.
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VARSOVIE - La ville a été rebâtie pierre par pierre après avoir subi d’énormes
destructions lors de l’anéantissement du ghetto juif en 1943 et de
l’insurrection de 1944. Marie Curie dont c’est la patrie y est honorée par
un musée. Même chose pour Chopin.
Ma compagnie arienne me payait une nuit à l’hôtel ; on m’y a
servi une spécialité juive, de la carpe en gelée. J’ai logé dans un Bed
and Breakfast la nuit suivante et je me suis acheté une montre avec le
reste des 30 $ que j’avais à dépenser sur place. Vingt ans plus tard la
montre fonctionne encore et le modèle n’est pas trop démodé.
La température était fraîche en ce début de février ; elle ne
favorisait pas la promenade sur les bords de la Vistule. J’entrais me réchauffer
dans des cafés et plus tard dans une jolie église sur la Market Place.
Mon meilleur souvenir de Varsovie restera ma soirée à l’opéra, un immense
édifice de style classique. J’ai pu assister pour quelques sous (on est en
pays socialiste) à l’Il Rigoletto de Verdi. Je ne suis pas amateure
d’opéra mais il est agréable d’entendre de belles voix ; dans ce
cas-ci l’air de la donna è mobile (la femme est changeante).
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THAÏLANDE
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Bangkok, dimanche le 5 février
1984.
D’abord le Wat Phra Keo, un
ensemble de temples d’une richesse inouïe. En face, des danses
sacrées classiques sont présentées.
L’hôtel Oriental, un des plus somptueux au monde est plus à l’ouest
le long de la rivière Chao Praya.
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Les hôtels de renommée internationale sont nombreuses en Extrême-Orient : la
main-d’œuvre y étant bon marché, le nombre des serviteurs y est élevé. Le
temple Wat Trimitr est plus au sud en direction de la gare ; il
abrite un bouddha de 3 m qui est entièrement couvert de feuilles d’or.
De la gare, l’autocar no 4 descend Rama-lV vers le sud jusqu’au Freddy’s
Guest, un endroit très connu où j’habite. Deux YMCA sont dans les
environs en remontant Sathorn Road. Patpong Road, la Pigalle du coin est tout près
et l’hôtel Sheraton est une rue plus au nord.
Le centre commercial Siam Square et le très bel hôtel Siam Inter-Continental
sont à l’intersection de Rama-l Road et de Payathai Road ; cette dernière
est un peu au nord de Patpong Road (déjà cité). Facile !
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Chiangmai (800 km au nord de
Bangkok). L’autocar est luxueux, une hôtesse distribue des boîtes
repas. De Chiangmai des excursions vont au triangle d’or, là où se
cultive le pavot. Des tribus y vivent assez misérablement. Je reste sur
place où il y a beaucoup de temples à voir. Le Night bazar est
commodément près du Guest House où j’habite - pas celui de
l’illustration.
J’ai trouve sur place un plan de la ville très explicite en anglais.
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Je me suis tout de même perdue un peu en me rendant au Doï Suthep, au nord-ouest de la ville : les noms des rues sont
inscrits en alphabet thaï et les gens parlent plutôt thaï mais ils sont
serviables et ils m’ont remise sur ma route.
J’ai beaucoup apprécié la beauté des gens ; ils sont de petites
tailles avec des traits fins. Une jeune fille aperçue dans un bus local était
tellement belle que je n’arrivais pas à la quitter des yeux.
Des femmes préparent de la nourriture à presque tous les coins de rue : j’ai
mangé à plusieurs reprises un mets où on écrasait d’abord de minuscules écrevisses
et on leur ajoutait des légumes. Les sorbets rafraîchissants étaient aussi très
populaires, de même qu’un liquide vert dont je n'ai jamais pu savoir ce que
c’était.
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Sukhothaï - En redescendant
vers le sud.
Le haut point de ma visite en Thaïlande. Je suis arrivée sur le site en
fin de journée : l’endroit était enchanteur au crépuscule !
L'aménagement est parfait. Une vingtaine de stupas sont entourés d'étangs
où flottent des lotus. Une sculpture d’un bouddha marchand,
tunique flottante, témoigne paraît-il d’une inspiration cinghalaise :
le pays a été conquis par les Kmers en 1220. Le 13e siècle
marque l’apogée de leur civilisation ; elle a précédé l’établissement
des Thaïs au pays.
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La ville n’est pas aussi bien organisée que le site historique ; elle est éloignée
des grands centres touristiques ce qui fait que les visiteurs y sont plus rares.
Ayuthia - La ville a été la capitale du royaume de Siam en 1350 ; elle
avait vaincu les Khmers d’Angor dont la puissance déclinait. Trente-trois
temples plus ou moins en ruine ne laissent pas imaginer le décor du film The
King and I. Anna, la gouvernante anglaise du jeune roi de Siam qu’on y
voit a vraiment existé, elle a fini ses jours à Montréal et on peut voir sa
tombe au cimetière du Mont-Royal.
Pattaya - Une plage très animée avec des restos et des clubs de nuit. C’était
le lieu de détente pour les soldats états-uniens affectés au Vietnam. J'y ai
dîné à l'américaine d'un hot dog et d'un sandwich à la crème glacée.
Patpong - Ses canaux attirent les touristes ; des familles y vivent sur des
embarcations et elles vendent différents produits.
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BIRMANIE du 13 au 20 février 1984 : 230 $ pour l’avion et le visa,
plus 50 $ de dépenses obligées. Tous les touristes apportent en plus un carton
de cigarettes pour le vendre sur le marché noir. J’ai fait comme tout le
monde : j’en tremble encore ! Les taxis qui prennent les touristes
à l'aéroport achètent tout bonnement les cigarettes.
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Rangoon : Le Shwe Dagon. Une
splendeur !
La Birmanie est réputée pour ses crevettes énormes (prawns) et aussi
pour ses crabes.
Je m’y suis acheté un longyis : une longueur de tissu que l’on
noue à la taille pour former une jupe. Les deux sexes s’en drapent
indifféremment.
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Mandalay Hill - J’y ai visité un temple renommé qui était à une certaine
distance de marche et dont je ne garde que peu de souvenir si ce n’est qu’il
était loin. Je me rappelle plutôt avoir soupé avec un couple de voyageurs :
le gars était un états-unien dont le père s'était enrichi en inventant les
bouteilles à lait doublées d'un sac en plastic pour nourrir les bébés.
Nous prenons un bateau slow boat pour Pagan. Il arrive que le bateau
s’échoue ce qui nous aurait retardé et nous avions une date limite de
retour. Nous reviendrons par taxi collectif, c’était plus prudent. Le visa ne
permet qu’un séjour d’une semaine pour visiter un grand pays.
Pagan : 400 milles au nord de Rangoon. Dans un espace de 25 km carrés sont
disséminés 2 500 pagodes ou monastères datant des 11e et 12e
siècles. On croit rêver. La construction de temples était semble-t-il la
principale industrie du pays.
La pagode dorée Shwe Zigon date de 1089. Le temple Ananda date de 1091 ;
il est tout blanc avec 4 grands bouddhas dorés aux 4 faces. Le temple Sulamani
est situé près du chic hôtel Thiripy Tsaya et de la plage de la rivière
Irrawaddy. Le petit hôtel qui nous reçoit, le Moe Moe, est d’un confort
minimum mais les gens sont charmants. Les transports en commun se font en
charrettes à bœuf ou en vieux camions : on se croirait revenu 50 ans en
arrière ! La vie y est lente, le temps semble arrêté. (Kubilaï Khan a régné
sur Pagan après 1287.)
Pégu - Temple très fréquenté mais d’accès difficile : je dois
prendre un rickshaw pour m’y rendre. J’en descends lorsque la route monte
pour ne pas trop fatiguer le cycliste. L'armée prendra le pouvoir en
Birmanie en 1990, soit six ans après ma visite. La Junte ne tolèrera aucune
opposition et le parti politique d’Aug San Suu Kyi sera très surveillé ;
elle recevra le Prix Nobel de la paix en 1991.
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SUD DE LA THAÏLANDE
L’île de Samui - J'y loue une hutte au bord de la mer. L'hôtel voisin a une
belle terrasse et les touristes s’y retrouvent pour un verre et un repas. Génial
!
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L‘’île de Phuket -
Spectaculaires pitons montagneux sortant de la mer ; James Bond a
utilisée ce décor dans un film.
J’ai couché au Kakata Beach Inn pour 8 $, un hôtel bruyant avec
discothèque. Le resto voisin m’a préparé un plat de langoustines pour
4 $.
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Les petits bus qui font le transport de la plage au village se nomment des
tuks-tuks et les voiturettes tirées par une bicyclette sont des betcaks - se
prononce bet-tchak.
Hat Yai (chaï) - Ville musulmane : il ne s’y vend pas d’alcool.
L’hôtel Cathay où je loge est voisin d’un grand magasin. Seuls des taxis
collectifs font la liaison vers Penang en Malaisie ; les transports publics
vers un pays plus libéral ne sont pas encouragés.
J’ai vécu 14 jours en Thaïlande avec 12,50 $ en moyenne par jour, transports
terrestres inclus.
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MALAISIE - Température confortable à l’année ; odeur de frangipane
dit-on.
Penang - Samedi le 25 février 1984. Au New China Hotel où je descends les
clients disposent de casiers sécuritaires où laisser leurs valeurs, ce qui est
bien commode pour aller à la plage. Je prends aussitôt le bus qui y mène, il
passait devant l’hôtel. Cinéma en soirée pour un film états-unien récent
dont j’ai oublié le titre.
Des dim sums (petites bouchées) sont vendues un peu partout dans des kiosques
sur la rue. D’énormes crêpes de riz incroyablement fines y sont aussi cuites
devant nous d’une façon extrêmement habile. Resto se dit warong, crevette :
udang, douche : mandi et homme : orang.
Dimanche - Autocar pour Penang Hill et ses
10 000 bouddhas. Le temple se rejoint par un funiculaire.
Mon hôtel est sur Leboh (rue) Leith, elle est assez près du bord de l’eau.C’est
l’endroit idéal pour manger des fruits de mer ou pour s’approvisionner au Cold
Storage, un supermarché. Les meilleures pâtisseries sont vendues au Swiss
Hotel dans le même secteur, un peu au sud.
Comme Penang était reconnu pour vendre des billets d’avion à rabais
j’avais prévu y acheter mon vol de retour. Pour 556 $ j’obtiens un vol
Singapour-Los Angeles avec arrêt à Hong Konk et à Tokyo. Je n'avais pas pu
trouver à Montréal un billet incluant autant d'arrêts. La transaction s’est
faite aussi facilement que si j’avais acheté un billet d’autobus Montréal-Québec,
mais j’aurai de la difficulté à le faire accepter à Singapour. J’y achète
aussi un vol pour Medan (Sumatra) ma destination suivante.
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SUMATRA - Des orangs-outans vivent encore en liberté dans la partie nord du
pays.
Medan - Il pleut le soir à ma descente d'avion ; je prends un betcak qui
choisi de me conduire à l’hôtel Garouda. Le lendemain je me dirige vers
Prapat sur le lac Toba ; de là un bateau fait la navette pour l'île de
Samosir.
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Samosir - 28 février 1984. Le
paradis ou presque.
J’ai tellement aimé l'île que j’ai pensé (durant 15 secondes) y
acheter une propriété qui était à vendre.
Des sentiers à travers la campagne sont parsemés de petits restos
improvisés. Ils servent tous à peu près la même chose et avec la même
présentation : des salades d’avocat et des crêpes. Ils sont tous allés
à la même école culinaire pour touristes.
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Le bois des façades des maisons est sculpté et les toits sont pointus dans le
style batak. Il est facile de se loger pour 1,50 $ dans des maisons
individuelles sur pilotis - pour la fraîcheur. À ce prix-là on comprend que
l’eau et les toilettes soient à l’extérieur, mais dans les pays chauds
l’eau n’est pas très froide, on peut même dire qu’elle est parfois rafraîchissante.
Bukittinggi - J’y arrive après une longue route en autocar 828 km à travers
des rizières. Aux arrêts les femmes nous vendent de la nourriture à travers
les fenêtres de l’autocar. Des mangoustans coûtaient 15 sous la douzaine,
c’est ce fruit délicieux à longs fils de couleur rubis à l’extérieur et
d’un blanc crémeux à l’intérieur.
À l’hôtel, voyant mon passeport canadien en ce 1er mars 1984 on
m’apprend que Trudeau venait d’être réélu. Le lendemain, un vendredi,
tout le monde était à la mosquée. Faute de mieux je suis allée au zoo et au
musée qui seuls étaient ouverts. L’appel venant du minaret de la mosquée
me réveillera chaque matin. Difficile d’oublier que je suis en pays musulman.
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Padang - Dimanche à la plage. Les
familles y sont nombreuses.
J’y mange une salade gado gado - sauce au beurre d’arachide. Je
n’aime pas mais je persiste encore aujourd’hui à en commander quand
j’en vois au menu d’un resto. J’espère toujours m’y faire !
(la préparation doit contenir de la sauce hoysin et être très épicée).
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JAVA : Jogjakarta - La ville est assez développée, elle offre les
services modernes. Les ateliers de batik y pullulent. Un petit chalet avec une
douche froide coûte 1,50 $ et cela inclus une pleine théière de thé chaud
qu’on nous apporte lorsqu’on rentre au logis en fin d'après-midi.
On y mange le nasi goreng (riz frit) et le rijsttafel : le riz est
alors servi avec un assortiment d’accompagnements. Je visite le Kraton
(palais) en attendant l’heure d'assister à un spectacle de marionnettes sacrées
: je n’y comprends strictement rien. Un très jeune garçon me talonne et
veut absolument coucher avec moi ( ?)
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Borobudur à 17 km de Jogjakarta :
Temple hindou de Prambanan (8e siècle).
Sa construction précède celle des temples d’Angor de trois siècles.
C'est le plus célèbre ensemble hindou au monde et le plus vaste : il est
composé de 10 terrasses supportant des stupas - nombreux bas-reliefs.
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À l’entrée des lieux, je découvre une magnifique sculpture noire d’un
jeune bœuf couché !
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BALI - 9 mars 1984. L’île a été développée par de riches hindous venus de
Java, pays musulman. Je n’ai pas aimé ! Vraiment pas !
À l’arrivée du bateau, un taxi collectif nous mène à Kuta, la plage
populaire du sud. Je n’y mettrai pas les pieds à l’eau : il
fallait passer par un barrage de masseuses qui offraient leur service sur la
plage (les massages balinais sont très réputés). Le logement est très bon
marché : des petits chalets individuels répartis dans un joli jardin ne
coûtent que 2 $ ; un resto central sert entre autres mets des cuisses de
grenouilles pour 1,25 $. J'ai vécu trois semaines à Bali avec 213 $. C’était
comme un retour dans le temps. J’ai connu ces prix-là et ce même inconfort
dans ma jeunesse. Des taxi-bemos relient Kuta à Denpasar la capitale de l’île.
Sanur - La plage de l’est de l’île dessert une clientèle argentée.
J'irai y prendre un verre avant de quitter Bali.
Denpasar - Je loge à l’hôtel Adi Yasa. La ville offre des concerts kecak
: des percussions et des cris représentent la danse des singes ; ils étaient
les guerriers de Sita, l’épouse de Rama.
Ubud vers le nord - Un village d’artisans. Un spectacle de danses sacrées (legong)
y est annoncé pour le soir. C’est une activité religieuse comme l’étaient
nos vêpres du dimanche.
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J'aurais pu loger tout près de la
salle de spectacle mais une femme insiste pour me louer une petite maison.
L’illustration montre le toit de ladite maison et de mezzanine :
elle est assez vaste pour accueillir plusieurs personnes mais j’y étais
seule.
L’endroit était éloigné du centre et comme on ne se déplace le soir
qu'au clair de lune je suis revenue de la soirée à tâtons, sur un
chemin bordé d’un fossé.
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Je prend la direction du nord vers le lac Batur. Je loge au Homestay, un losmen
avec vue sur la seule montagne du pays. L’aubergiste nous sert un alcool en apéritif
et un capcay (chap chaï) de légumes pour souper. Il pleut un peu et
c’est frisquet.
Lovina - La plage du nord. En m’y rendant je me fais voler mon argent dans le
bemos (petit bus où on s'entasse au maximum). Un passager ne cessait de déplacer
la petite valise que je portais sur mes genoux pendant qu’un complice se
servait dans mon petit sac qui était en dessous. Je ne me rends compte de la
chose qu’après être sortie du bemos. Je le reprends donc aussitôt en sens
inverse dans le but d’aller échanger des chèques de voyage : mes deux
comiques y étaient encore. Je les somme de me remettre mon argent : "you
give me my money back !". Et ils l’ont fait ! Je pense qu’ils
m’ont même remis plus que ce que j’avais. Je soupe de poisson grillé dans
un resto touristique et cher donnant sur la plage.
Je m’arrêterai à Bedugal en redescendant vers le sud pour voir des vestiges
- un genre de jardin. Il pleut encore un peu. Rien ne va ; je prends un
taxi pour rentrer à Denpasar. J’y ferai rire de moi par les autres taxis pour
ne pas avoir négocié le prix du voyage à la baisse. Ce n’était pas cher
pour un trajet assez long : quelques dollars.
Batubulan - Un village près de Denpasar. Le Barong dance qu’on y présente
attire beaucoup de visiteurs. Il s’agit d’une sorte d’opéra mimé par des
acteurs masqués.
Tirtagangga - Près du Water Palace, à l’est du pays en direction de
Betsakhi. Les gens du losmen où j’habite m’invitent à une fête religieuse
avec offrande de corbeille de fruits et orchestre de gamelan. Il faut traverser
un champ pour s’y rendre et j’en reviendrai encore seule en pleine nuit -
je quitte sans doute la représentation trop tôt. Le gamelan est très apprécié
par les connaisseurs musicaux dont je ne suis pas : je n’ai pas d’oreille !
Betsakhi - Le temple des temples !! J’avais choisi le jour où il y avait
fête pour m’y rendre. Encore là, je n’aime pas. J’en ai assez de leurs
simagrées et de me faire avoir de diverses façons par des gens qui par
ailleurs semble toujours en prière. Et dire que Bali était la destination qui
n’avait le plus attirée.
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Les funérailles sont annoncées
par le Bureau du tourisme comme des attractions populaires.
Elles sont très coûteuses pour les familles et il arrive qu’on attende
et qu’on regroupe les morts.
Ils sont juchés sur des échafaudages élaborés et ils sont transportés
ainsi jusqu’au lieu d’incinération. J'ai assisté à ce spectacle
avec une Française qui travaillait pour la télévision de son pays.
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Nous avons acheté un durian ensemble ; c’est ce gros fruit dont l’intérieur
est malodorant. Le vendeur nous l'a ouvert, nous y avons goûté et nous lui
avons laissé reste. La texture est très crémeuse et le goût agréable si on
se ferme le nez. Le quartier chinois de Montréal en vend, même que j’en ai
apporté un à Saint-Nazaire chez les beaux-parents de mon frère André.
Le 18 mars je quitte Bali par le Dream Bus (bus de nuit). Je fais le
voyage en compagnie d’un jeune apprenti-guide qui va chez-lui à Jogjakarta en
vacances. Il est très amusant et serviable : il peut commander pour moi au
resto et il m'apprend à dire "es buah" (c'est bon). De Java je prends
un vol pour Singapour.
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SINGAPOUR - J’ai dû faire pression pour faire valider mon billet de
retour vers Los Angeles, celui que j'avais acheté à bon marché à Penang. Le
commis m’a référée au gérant de la ligne aérienne et j'ai refusé de
quitter son bureau sans son acceptation.
L’hôtel Raffles est réputé - du colonial chic. Le
thé est servi sur la pelouse et on y sert aussi le Singapour sling un
breuvage de leur invention : il est composé de gin, cherry brandy,
cointreau et vin rouge. Un peu au sud de l’hôtel le Change Alley ne dérougit
pas. Des restos extérieurs préparent des plats de différents pays ;
j’ai choisi un masala dosa indien (cuisine du sud), une crêpe fourrée
de pomme de terre et d’oignon. Réconfortant !
La ville est ultra propre. Peut-être trop. Les guides de voyage conseillent d'être
très prudent en tout. Des amendes sont imposées pour un papier jeté par
terre ou pour avoir traversé la rue hors des clous piétonniers. Il est défendu
de fumer dans les espaces publics et pire que tout, être trouvé avec 10 g
d’héroïne entraîne la mort.
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HONG KONG - L’avion descendait alors directement en ville entre les édifices.
Le Chungking hôtel de Kowloon occupe un étage dans un édifice sur Nathan Road
à l’est de l’hôtel Hyatt (4 $). Le superbe hôtel Peninsula est situé
près du ferry menant à l’île de Victoria. L’époustouflant hôtel Shangri-la
est plus à l’est.
Le très chic hôtel Mandarin est sur Queen’s Road près du débarcadère de
l’île de Victoria. À côté, la rue Wellington mène au Peak train. Beaucoup
de gens jouent aux cartes ou ils lisent des journaux. Ils sont tous occupés !
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Aberdeen - au sud de l’île
Victoria.
Ville réputée pour ses restos flottants.
Beaucoup de gens vivent sur des embarcations. Des abris en cas de typhons
sont prévus dans des baies abritées.
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Lantau - Une île à une heure de ferry, pour une visite au temple de Po-Lin.
Repas végétarien pas fameux et trop cher.
MACAO - L’ancienne colonie portugaise est la capitale du jeu et le lieu
de départ de l’autocar pour Canton en Chine. Le visa coûte 15 $ et le bus 27
$. La route passe devant la maison de Sun Yat Sen, le héros de la révolution
chinoise et prédécesseur de Mao ; la maison se visite mais elle n’est
pas à notre programme.
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CHINE - Une heure et demie d’attente à la frontière. Le resto de
l’endroit me paraît familier du fait que les nappes sont mouillées de
thé comme elles le sont dans nos petits restos chinois. Une gentille fille
vient me parler : elle est toute fière de me dire qu’elle a appris
l’anglais toute seule.
En route on voit des palmiers et des bananiers. Des buffles sont attachés, les
canards aussi. Des gens travaillent en jeans dans des rizières ce n’est donc
pas la pauvreté ; on voit très peu de jeans dans les pays pauvres,
c’est même un signe de richesse. Nous croisons beaucoup de camions et
ils sont encore plus anciens que ceux de Birmanie. Je n’ai vu durant tout le
trajet que deux autos privées et quatre autos taxi.
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Canton - Sur la Pearl river.
Les touristes sont logés à l’Overseas Chinese Building.
Pour déjeuner nous aurons des viandes froides et des petits pains chauds
à la vapeur.
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Un thermos d’eau bouillante est fourni dans les chambres à l’usage des
voyageurs qui emportent leurs feuilles de thé ; des femmes rieuses
travaillent en couple à changer les draps. Gros marché noir pour les devises :
j’aurais pu vendre des devises américaines. Je n’ai pas osé et de toute façon
j’aurais eu à dépenser leur monnaie sur place. Le billet des bus locaux ne
coûtait que 7 sous.
Retour à Hong Kong par train. Chaque wagon dispose
d’un téléviseur comme dans nos avions - on y causait en chinois. En
cantonnais bonjour se dit jo san, oui se dit haï, et non se
dit mon haï.
Les plus beaux paysages de Chine étaient tout près : Guilin a des pitons
semblables à ceux de Thaïlande. Il faut faire des choix. On ne peut tout voir.
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TAIWAN - Une belle ville bien manicurée. Le Yangming Shen Garden est à
multiples niveaux avec des arbres savamment taillés. Le musée du National
Palace est très riche : des porcelaines Song, des bronzes datant de 4 000
ans et autres trésors historiques que Tchang Kaï-chek a soustrait aux
communistes chinois lors de sa fuite à Taiwan. Mon billet d’entrée au musée
en ce 27 mars 1984 est étampé 73-3-27.
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JAPON - J'ai adoré ! Je craignais un peu de m’y égarer mais on
s’y débrouille très bien. L'anglais y est assez couramment parlé et les
affiches importantes sont traduites en anglais.
Tokyo - La ville est très étendue ; l’auberge de jeunesse Yoshida
est à une heure de métro du centre-ville. Le Palais de l’empereur est entouré
d’un grand parc en plein centre-ville. À côté, l’hôtel Otani offrait une
cérémonie du thé privée au coût de 6 $ : la geisha utilise à cet effet du
thé en poudre, une substance verte vendue partout dans les magasins et dont
j’ai rapporté un échantillon à Danielle. Elle fouette la poudre dans de
l’eau bouillante en faisant beaucoup de cérémonies. J’ai aussi assisté à
un spectacle de geishas : elles présentaient la "cherry danse" pour
la fête du printemps.
Le théâtre Kabuki est très populaire au Japon et on reprend toujours les mêmes
classiques. Des bentos (boîte repas) sont vendus sur place et les gens mangent
durant la représentation. Je ne garde aucun souvenir de ma visite au Meiji
Shrine : trop de visites en trop peu de temps.
Je liste les temples suivants dans l’ordre de leur construction plutôt que
dans l’ordre de mes visites - voir le chapitre 6 de la section
Chronologie historique.
HORYUJI (607) - Le temple a été le berceau du bouddhisme au Japon. Je tenais
à m’y rendre même s’il est à 45 minutes de Nara et que j’avais déjà
vu beaucoup de temples. Je n’en ai cependant gardé qu’un souvenir très
vague.
NARA (710-794) - Le Todaïji serait le plus grand édifice en bois au monde. Il
abrite le Daïbutsu, un énorme bouddha coulé dans le bronze en 752 : il
mesure 16 m de haut et il pèse près de 500 tonnes. Le temple est voisin d’un
parc aux daims et ceux-ci circulent partout. Charmant !
KYOTO (794-1185) - Période Heian : Palais de l’empereur Kammu
(illustration de droite). J’inclus ici le Nijo castle (illustration de gauche)
qui est plus récent mais situé dans le même secteur, à l’ouest du Palais.
Un concert y était présenté lors de mon passage.
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J’ai manqué la visite du Sanju Sangen Do Hall (1164) qui est à deux
rues à l’est de la gare de Kyoto. Je n’ai connu l’intérêt que le temple
représentait que lorsque ma petite-fille Catherine a rapporté du Japon une
illustration le concernant. Le temple abrite une gigantesque statue assise de
Kannon aux 100 mains, elle est la déesse bouddhique de la Merci ; 1001
statues de la déesse en position debout longent le mur du temple.
KAMAKURA (1185-1333) à 51 km au sud de Tokyo - Un grand nombre de temples
anciens sont nichés dans les bois dont le Kencho-ji du 13e siècle,
premier temple Zen au Japon. La rue principale est joliment bordée d’azalées.
Au centre-ville, un bouddha de 44 pieds de haut en bronze date du 12e
siècle. Excellent endroit où
prendre quelques jours de retraite.
KYOTO (1333-1582) - Période muromachi : J’ai d’abord visité le
Pavillon d’Or, l’attrait touristique qui était le plus près de l'hôtel où
j’habitais (photo de gauche) ; une statue de Kannon se trouve dans le
hall principal. Le temple de Ryoanji (photo de droite) est célèbre pour son
jardin zen de sable et de roches, œuvre de Soami.
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Le Pavillon d’Argent a été construit à l’est de l’ancien Palais impérial.
Le shogun avait prévu « argenter » le pavillon mais il ne l’a pas
fait ; jardin de sable blanc de Soami.
Lors de mon arrivée à Kyoto je n’arrivais pas à sortir de la gare et je
devais être à l’auberge de jeunesse Tani pour 17 heures. Je ne voyais que
des entrées barrées par des tourniquets et une sortie qui donnait sur les
trains. J’ai fini par trouver apparemment.
L’hôtel disposait d’un bain japonais : ils sont profonds, on s’y tient
debout. Chacun doit se laver avant d’y entrer car la même eau sert à tous ;
elle est extrêmement chaude - ça réchauffe. Heureusement car on était
au début d’avril et il faisait un peu froid.
La salle à coucher était commune : une armoire contenait des futons. Je
m’en suis déplié un et je me suis endormie. À mon réveil le lendemain le
sol était couvert de futons et tout le monde dormait.
À l’extérieur de l'hôtel, dans un espace de 6 pieds carrés, les propriétaires
avaient aménagé un petit jardin : des fleurs, quelques roches et un petit jet
d’eau. Au Japon la moindre parcelle de terrain est utilisée. La ville est
propre et la recherche de l’esthétique y est un mode de vie.
Alors que je m’informais à une jeune fille du chemin à prendre pour visiter
un autre temple, elle a insisté pour m’y accompagner et c’était plus loin
que je pensais. Nous étions en fin d’après-midi et le temple était déjà
fermé à notre arrivée ; ma gentille guide improvisée reviendra même
avec moi jusqu’à la gare. Je lui ai donné en remerciement un fichu que
j’avais acheté à Bali. La serviabilité des gens m’étonne toujours.
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Nikko (150 km au nord de Tokyo).
Le pont sacré. Et des fraises énormes !
Des temples des 16e et 17e siècles ont été érigés
en montagne dont le temple Rinnoji qui révère Kannon. Le sol était
couvert d’une épaisse neige de mars que le soleil faisait fondre en
rigoles. Une journée de mars comme je les aime !
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HONOLULU - La plage de Waikiki est à l’est de Pearl Harbor. Beaucoup de
mini-spectacles attirent les touristes dans les centres commerciaux. Je découvre
le mongolian diner ; un cuisinier cuit la viande devant nous sur une
plaque chaude comme les Mongols le faisaient sans doute. Le décalage horaire
fait que je regagne la journée que j’avais perdue en partant vers l’est :
ma journée à Honolulu ne compte pas. Je vis deux fois la journée du 5 avril
1984.
LOS ANGELES - Je descends en ville pour acheter un billet d’avion pour New
York. C’est une ligne bon marché. Je paye 257$. Je paierai 38$ pour
l’autocar New-York Montréal. Si j'ajoute l'aller Montréal-Bangkok 750 $ et
Singapour-Los Angeles 556 $. Les billets d’avion pour le tour du monde me
reviennent à 1600 $.
Les transports internes ont coûté 519 $ :
Le vol de Penang à Sumatra 54 $, le bateau de Java à Bali 37 $, le vol
de Java à Singapour 118 $, le bus de Tokyo à Nara 80 $, la visite en Birmanie
230 $.
Me loger, me nourrir et les petits transports représentent un montant de 880 $,
soit une moyenne de 13,25 $ par jour. Un voyage de 2 mois autour du monde m’a
coûté 3000 $ en tout.
Date de mise à jour : 2008-04-07 |